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Articles - Actualité - Réchauffement climatique - Glaciers

 

 
 
   
 

La Savoie asséchée réfléchit à

un juste partage de l'eau.

 

 

La Savoie verte et humide, où l'eau coule à profusion, pourrait n'être qu'un cliché de carte postale. Le début d'été pluvieux ne fait pas oublier les quatre années précédentes de déficit hydrique. De 700 mm d'eau par an, la haute vallée de la Maurienne est ainsi passée à 500 mm ces dernières années, selon la station météorologique de Chambéry-Voglans. La perspective de voir cette situation se reproduire, confirmée par les données sur le réchauffement climatique, alarme élus et professionnels du monde agricole. « On a vu des sources se tarir les deux derniers étés. On s'est rendu compte que l'eau pouvait venir à manquer et cela a bouleversé les esprits », témoigne Rozenn Hars, conseillère générale du canton de Lanslebourg-Mont-Cenis.

 

Selon un rapport du conseil général, présenté le 18 juin, en haute Maurienne, zone de production de l'AOC fromagère Beaufort, les rendements fourragers ont été divisés par un chiffre allant de 3 à 10 selon les secteurs. La survie de l'agriculture passe donc par l'augmentation des surfaces irriguées pour assurer la production de fourrage. Mais où prendre l'eau ? Sollicitée par le département, la chambre d'agriculture vient d'établir le premier état des lieux de la ressource en eau dans la haute vallée.

 

Sur 2 000 hectares de prairies en fond de vallée, les 350 hectares irrigués utilisent 650 000 m3 d'eau, une goutte en comparaison des 315 millions de m3 du lac du mont Cenis captés par EDF. En année sèche, pour pérenniser l'agriculture, il faudrait parvenir à irriguer 550 hectares.

 

« Il faut partager l'eau, explique Albert Tourt, agriculteur à Lanslebourg et vice-président de la chambre d'agriculture, et pour cela l'idée est de mettre tout le monde autour de la table : EDF, les communes et les stations qui utilisent les canons à neige. » Ce constat est aussi celui de la vallée voisine de la Tarentaise, où un contrat de bassin versant est en préparation. « Ce qui est nouveau, précise Hervé Gaymard, député UMP et président de l'Association du pays de Tarentaise-Vanoise, c'est l'approche globale. Nous devons arrêter la fuite en avant dans la construction. C'est un suicide écologique. »

 

NEIGE DE CULTURE

 

Les études sur l'état actuel des usages liés à l'eau en Tarentaise mettent en lumière les pressions exercées de tous côtés : la présence de 300 000 lits touristiques pour une population permanente de 50 000 habitants consomme près de 18 millions de m3, avec des pointes de prélèvement au coeur de l'hiver alors que les rivières sont à l'étiage.

 

Or les besoins d'eau des 22 stations de la vallée pour produire de la neige de culture pourraient atteindre 8 à 10 millions de m3 d'ici cinq à dix ans, « d'où les craintes d'un manque d'eau hivernal dans certains sous-bassins », souligne le rapport du conseil général.

 

Quant aux 18 aménagements EDF, parmi lesquels figure le barrage de Tignes, ils perturbent la moitié du réseau hydrographique principal. « Tout est lié, rappelle Albert Tourt, il faut voir le territoire de manière horizontale. Il y a une charte des bonnes pratiques à écrire. » D'autant que le milieu naturel souffre aussi : des zones humides disparaissent, des torrents s'étiolent. L'eau est bien devenue une ressource économique surexploitée.

 

Nathalie Grynszpan

 

Article paru dans l'édition du Monde du 19.07.07

 

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